Un plongeon dans l'univers de la magie... Dans notre école, apprenez à maîtriser un des quatre éléments, et devenez un vrai sorcier !


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    Léo Castiel
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    Message  Léo Castiel le Mar 23 Juil 2013 - 19:16

    Minuit sonne. Les cloches de la petite bourgade d'où donnait la vue de la terrasse de l'Académie sonnait les douze coups dans un tintamarre assourdissant. Léo, lui, se tenait là, dans cette même terrasse, les coudes adossés contre le rebord, les poignets croisés. Il était vêtu de la chemise blanche à manches courtes portant l'emblème de la maison Fero et de son pantalon noir. Pas très confortable, comme tenue, mais c'était le minimum obligatoire que devait porter chaque élève. La raison pour laquelle le jeune rouquin se trouvait à cet endroit précis, en pleine nuit d'été, était l'ennui. Il n'arrivait pas à dormir, sans aucune raison valable, et ne pouvait pas rester allonger sans rien faire dans ces moments là. Une légère brise se leva et caressa tendrement la peau de Léo qui en apprécia la fraicheur. Il repensa à cette nuit-là, il y avait quelques mois de cela, lors de cette fameuse attaque. Cette nuit, il le sentait, son destin avait basculé. L'avenir monotone et vide prit à ce moment-là, dès le cri du dragon qui l'avait réveillé, un sacré beau virage. Désormais, il ne savait pas ce qui l'attendait. Des tas de questions se bousculaient dans sa tête, et des possibilités d'avenir s’envisageaient désormais. Bien que... Une fois la nuit passée, Léo n'a plus jamais été capable de se transformer à nouveau en semi-dragon. La puissance qui l'avait empli cette nuit-là l'avait quitté et il n'en sentait plus la moindre présence. Cette sensation... Une force à la fois dévastatrice et calme. Sereine. Cette fois-là, il le savait, sa magie du feu était totalement différente de d'habitude. Cette fois-là, il ne maitrisait pas le feu. Le feu lui obéissait. Absolument.

    Il n'oubliera probablement jamais cette sensation.

    Malgré les différents et nombreux entrainements et tentatives, jamais il n'avait réussi à se rapprocher de cette magie. Ne serait-ce que de l’effleurer. Il avait beau essayer, à chaque fois les flammes se montraient dominantes et il devait se montrer plus fort qu'elles pour pouvoir s'en servir. Elles ne s'étaient plus jamais soumis à lui une seule seconde. Non, elle ne se soumettaient pas à lui. Elles se soumettaient à Fahdonkrah, là était la différence. Une vague de sentiments l'emporta et il voulu réessayer. Il ouvrit la paume de sa main, ouverte au ciel étoilé, et se concentra. Il tentait de se rappeler se jour-là. La façon dont il s'en servait pour qu'elle lui obéisse au doigt et à l’œil. Chaque détail, chaque souvenir comptait. Le moindre indice pourrait lui permettre d'avancer. Après quelques minutes de réflexion, rien ne vint. Il poussa un soupir, et se résigna à l'utiliser à la méthode habituelle. Il claqua des doigts pour faire jaillir une étincelle qui se transforma vite en une petite flamme semblable à celle d'une bougie qui logeait sur le bout de son index. Léo s'avachit, posant le menton sur son avant-bras gauche et tendit l'autre bras. Il regarda quelques secondes la flamme qui jaillissait de son doigt, l'air mélancolique, puis il le tourna à la manière d'un disque, et la flamme suivit sa trajectoire, décrivant une petite trainée rouge lumineuse. Les étincelles qui s'en dégageait se transformèrent à leur tour en petite flamme et Léo se retrouvait avec trois petites flammes dansant sur le rythme de son doigt. Il tourna de plus en plus vite jusqu'à ce que les trois trainées donnèrent l'illusion de n'en faire qu'une et il la posa sur la paume de sa main, la laissant tourner d'elle même.

    - La magie... hein ?...


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    Message  Eve Victoriya le Mer 24 Juil 2013 - 13:15

    Il est là. Au pied de son lit, le cadavre de son père attend, tapis dans l’ombre comme un prédateur. Non, comme un charognard plutôt, parce qu’il l’avait tuée de l’intérieur, mais avait continué à se repaître de ses chairs. Eve le sentait avec une acuité inquiétante. Le moindre de ses frémissements, les doigts décharnés qui tirent sa couverture, le râle qui résonne comme un chant surnaturel. Elle pourrait se défendre maintenant qu’elle contrôle ses pouvoirs, mais son corps est comme lesté de plomb ; le moindre centimètre carré de peau pèse une tonne, et son encéphale refuse de fonctionner. L’adolescente est prisonnière de ce monstre qui rame sur son lit désormais, calciné, empestant la mort et la chair brûlée. Quand elle tourne la tête, elle voit la silhouette de sa mère, enveloppée par les ténèbres, mais elle sent qu’elle regarde. Son regard passif lui fait plus mal encore que la main glacée qui enserre sa gorge. Alors seulement, Eve retrouve l’usage de la parole et pousse un hurlement.

    Elle se réveilla brusquement dans le dortoir. La sensation fugace de la peau froide du revenant flottant encore sur son cou, mais ce n’était qu’un cauchemar. Un autre, parmi tous ceux qu’elle avait déjà eu. La jeune fille ne savait pas si elle avait crié aussi en « vrai », mais pour l’instant, elle ne voyait bouger que Rochel, qui vint affectueusement lui lécher une joue, avant de se lover au creux de son ventre.

    Eve attendit en vain de pouvoir se rendormir. Elle se sentait oppresser par la pénombre, comme si de véritables cadavres allaient en jaillir d’un moment à l’autre. N’y tenant plus, elle se redressa délicatement pour ne pas brusquer son chat, attrapa sa baquette, enfila ses chaussures, et se faufila jusqu’à la sortie. Qu’importe les regards mécontents des tableaux qui ne dormaient pas encore, qu’importe aussi que son pyjama ne soit constitué que d’une robe légère aux couleurs de sa maison, qui lui arrivait à mi-cuisse. Elle avait besoin d’air.

    Des cloches lointaines sonnèrent minuit. La brunette s’arrêta un instant pour écouter l’écho de chaque coup qui s’évadait dans la nuit, puis se remis en marche. Quand elle arriva à la tour Est, elle ne savait plus trop si elle avait souhaité s’y rendre, ou si ses pieds l’y avaient menée instinctivement. Tant pis. La terrasse était déjà occupée par un jeune garçon qui avait l’air d’avoir son âge. Sa chevelure rougeoyante était si marquante qu’elle se souvenait l’avoir déjà croisé quelque part, mais ils ne s’étaient jamais parlé encore.

    Lentement, l’adolescente s’approcha, sa chevelure mi-longue dansant délicatement au gré d’une nouvelle prise. Eve s’appuya sur le rebord de la terrasse, à moins de deux mètres de Léo, ses yeux noisette perdus dans la contemplation du ciel.


    - Alors, t’es membre du club des insomniaques aussi ?! lança-t-elle d’une voix à moitié absente, sans savoir ce qu’elle attendait de la réponse.
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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

    Message  Léo Castiel le Mer 24 Juil 2013 - 14:04

    Alors que je continuais de contempler ces petites flammes qui dansaient dans le creux de ma main, quelqu'un se dirigeait vers la terrasse où il se trouvait. Pris de surprise, il referma son poing et la trainée de feu se dispersa en plusieurs étincelles avant de retourner à la nuit. Léo était tellement concentré et perdu dans ses pensées qu'il n'avait pas remarqué l'arrivée de la jeune fille qui se tenait désormais à côté de lui. Elle devait avoir son âge, probablement, et portait une robe courte aux couleurs de la maison Aéra. Ses cheveux noirs de jais dansaient au rythme du vent et ses yeux couleurs noisette légèrement ternes se fixèrent sur Léo. La douce lumière de la lune accentuait la blancheur de sa peau et soutenait son regard. Regard étrangement perçant.

    - Alors, t’es membre du club des insomniaques aussi ?, me demanda-t-elle, l'air absente en contemplant le ciel.

    Étrange fille. D'habitude, les gens qui côtoyaient Léo avaient l'air plus "vifs", portaient toute leur attention sur lui, n'attendant que ses réponses. Pas cette fille-là. Elle, elle admirait la nuit et ne semblait tourmentée. Sans doute à cause de la fatigue. Il était vrai qu'ils étaient en pleine nuit, les gens manquent d'énergie à ce moment là. Mais la différence de traitement ne s'arrêtait sans doute pas là. Et que voulait-elle dire par "club des insomniaques" ? Était-ce une activité ? Léo l'ignorait totalement. Certes il ne se promenait pas dans les couloirs de l'Académie chaque nuit, mais il était loin de se douter que des élèves faisaient ce genre de pratiques. A moins que... Oh, ce devait être une genre de métaphore. Les élèves d'ici semblaient coutumiers à ce genre de détournements de phrases. Ce qui n'était pas sans déplaire à nôtre jeune rouquin qui était habitué à des phrases simples et précises. Elle devait donc faire allusion au fait qu'il se trouvait également éveillé en pleine nuit, tout comme elle. Léo ne savait quoi lui répondre. Il ne connaissait pas cette élève, et n'avait pas pour habitude d’extérioriser ses tourments.

    - En quelque sorte, répondit-il simplement.

    Il devait se l'avouer, même si aux premiers abords elle semblait aussi "normale" que les autres, quelque-chose semblait se cacher derrière cet air pensif. Il n'était pas habitué à s'intéresser aux gens, ni à leur passé. Mais une telle différence de comportement l'intriguait. Qu'est-ce qui faisait que cette Aéra ait une impression différente des autres élèves ? Comment se faisait-il qu'elle se trouvait-là, en pleine nuit ? Léo voulait lui poser de questions. Il voulait savoir.

    - Excuse-moi de ma curiosité, mais... Qu'est-ce qui t'amènes ici ? C'est rare de croiser une élève en pleine nuit.


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    Message  Eve Victoriya le Mer 24 Juil 2013 - 15:40

    Après la question de Léo, Eve marqua un blanc, avant de pencher lentement vers lui ses yeux impénétrables. Ses pupilles étaient des glaces sans teint, sans reflet, comme si rien n’animait l’intérieur de sa carcasse d’adolescente. Le vent doux rabattit sur son visage pâle une mèche de cheveux noirs, qu’elle écarta avec une lenteur presque surnaturelle. En réalité, elle réfléchissait – ou bien elle était perdue dans ses pensées. Au choix.

    - Je ne sais pas, répondit-elle finalement, j’avais envie de prendre l’air.

    Elle s’accorda un instant pour détailler son interlocuteur. Il était grand, beaucoup plus qu’elle. Ses iris avaient une couleur intéressante, et son œil droit était marqué d’une vieille cicatrice. Par empathie, la jeune fille ressentait l’aura de mystère entourant Léo, un type qui – très certainement – cachait beaucoup de choses sous sa caboche rousse. Sans que l’ombre d’une expression ne traverse ses traits, elle haussa les épaules et se reporta sur le ciel.

    Une nuée d’oiseaux nocturnes se découpa sur la silhouette de la lune, cavaliers sombres qui bravaient la lueur laiteuse. Le silence était presque parfait, religieux, tant qu’on croirait presque pouvoir entendre le château tout entier respirer. Eve fermait les yeux, s’efforçant de chasser les démons qui logeaient dans sa tête, s’abritaient dans la pénombre. Il n’y avait pas de raison au fait qu’ils reviennent à la charge maintenant ; ils étaient comme la bête recroquevillée dans son ventre : imprévisibles, sporadiques, sadiques. Ils partaient et venaient, échos d’une vie qu’elle voulait enterrer, mais qui imprégnait encore chaque pore de sa peau d’ivoire.  


    - J’ai pas envie de retourner au dortoir, lança-t-elle subitement de sa voix sans couleur, rompant le fil de ses propres pensées.

    Eve se tourna vers Léo et réduisit à pas lent la distance qui les séparait. Un coup de vent inattendu souleva un pan de sa robe légère, manquant de peu de dévoiler ses dessous intimes. Pourtant, elle se contenta de recouvrir ce qui pouvait l’être de ses cuisses blafardes avec une indifférence déconcertante. Elle s’en fichait d’être vue désormais ; son corps était un tombeau, il y avait longtemps qu’il n’était plus rien d’autre.


    - Tu n’as pas envie de faire quelque chose ? Poursuivit-elle, tu connais le château depuis plus longtemps que moi, non ? Il n’y a pas… je sais pas, des trucs cools à faire ou des endroits marrants à visiter en pleine nuit ?

    Enfin, le masque de glace de son visage se fendit, pour dévoiler une mimique qui devait certainement être l’esquisse d’une moue proche d’un sourire nonchalant :

    - Même si ce sont des trucs… « interdits ».

    Elle avait mimé les guillemets avec ses doigts avant de laisser ses bras retomber le long de son corps. Désormais, il y avait moins d’un mètre entre elle et le Fero, et si ses traits avaient recouvert leur impassibilité habituelle, ses yeux délavés se refusaient de céder devant le regard de son interlocuteur. Illisibles mais insistants. Quelque part, elle avait déjà pris la décision de n’en faire qu’à sa tête. Que son camarade l’accompagne, ou pas.
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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

    Message  Léo Castiel le Mer 24 Juil 2013 - 21:31

    - Je ne sais pas, j’avais envie de prendre l’air.

    Un sourire en coin s'afficha sur le visage de Léo qui scrutait à nouveau l'horizon. Prendre l'air, hein ? C'était la première fois qu'il entendait un Aéra parler d'un "besoin d'air". Quelle belle ironie. Mais sans doute était-ce une façon de cacher ses véritables raisons. Ou une autre métaphore peut-être, allez savoir. L'esprit humain était tellement difficile à cerner. Jamais Léo ne s'y habituera, il en avait bien peur. Tellement de différences avec sa vie d'avant. Pour lui, connaitre quelqu'un, c'était connaitre son mode de vie, ses habitudes, sa morphologie, son agressivité, etc. Tout ce qui était donc nécessaire à la survie en pleine nature. L'humain était différent. Bien trop différent. A tel point que l'on à inventé le mot "individu", car chaque humain ne se ressemblait pas. Ou trop peu. De quoi déstabiliser quelqu'un qui ne connaissait pas ce monde. Trop de choses qui sont cachées à trouver, ce n'était pas le genre du rouquin.

    - J’ai pas envie de retourner au dortoir, annonça-t-elle de façon très monotone.

    C'est sur ces mots que la jeune fille se rapprocha lentement de Léo. Ce n'était pas pour autant qu'il tourna son regard vers elle, mais il se mit sur ses gardes. Il savait l'humain, ou plutôt les élèves d'ici, dénué de toute agressivité, tout du moins pas comme un animal, mais certaines habitudes ne disparaissent pas. Un coup de vent légèrement plus intense que les précédents vint balayer la terrasse à ce moment-là, soulevant de peu le bas de la robe de l'Aéra, qui n'en semblait pas affectée le moins du monde. Ou très peu. Dans ses souvenirs, les filles n'aimaient pas tant les coups de vent brusque pour une raison qui lui était inconnu, mais une fois encore cette fille prouva sa trop grande différence. De plus en plus étrange. Ce pourrait-il... ? Non, les chances que cette fille ait été élevée de la même manière que Léo frôlait le zéro absolu.

    - Tu n’as pas envie de faire quelque chose ? Tu connais le château depuis plus longtemps que moi, non ? Il n’y a pas… je sais pas, des trucs cools à faire ou des endroits marrants à visiter en pleine nuit ?

    Sa phrase attira l'attention de Léo qui lui permit de distinguer, malgré l'obscurité de la nuit, ce qui devait être un début de sourire.

    - Même si ce sont des trucs… « interdits », poursuivit-elle en faisant d'étranges mouvements avec ses doigts.

    A son tour, Léo esquissa un sourire en coin, qui se termina en un petit rire qui dura à peine deux ou trois secondes avant de redevenir de marbre. Léo se tourna pour s'adosser au rebord de la terrasse, croisa ses bras et planta son regard dans celui de la jeune fille qui se tenait à côté d'elle, désormais à portée de main.

    - Tu n'as pas de chance, si tu étais tombé sur quelqu'un d'autre que moi, tu aurais sans doute pu trouver ton bonheur. Malheureusement je ne connais pas d'endroits ou d'occupations "divertissantes".

    Il se tût alors pendant quelques secondes avant qu'un souvenir ne vienne traverser sa mémoire et lui fasse reprendre la parole.

    - Il y a peut-être la Salle sur Demande qui pourrait t'intéresser. C'est une salle qui n'apparait que lorsque l'on à besoin de quelque-chose, c'est pour ça qu'il est rare de la trouver. Mais je connais l'endroit où elle est cachée. C'est tout près d'ici. C'est une salle qui te fait apparaitre tout ce dont tu as besoin. Je peux te montrer ou elle est, si tu veux.


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    Message  Eve Victoriya le Jeu 25 Juil 2013 - 2:38

    Léo s’autorisa un bref éclat de rire, avant de redevenir de marbre et de lui annoncer qu’il n’avait rien à lui proposer. Du moins, rien à part une salle magique qui n’apparaissait que si l’on avait besoin de quelque chose de particulier. Ses frères adoptifs lui avaient déjà parlé de ce genre de pièce sur demande, mais Eve n’en avait jamais vu en vrai. Elle haussa les épaules, puis pencha la tête sur le coté, dévisageant les traits de son interlocuteur :

    - T’es pas un marrant toi, jaugea-t-elle avec le ton de celle qui établit un constat, j’aurai pensé à quelque chose de plus excitant. Une ballade dans la forêt par exemple, ou une baignade dans le lac au clair de lune tiens, …

    Les yeux délavés de l’adolescente étaient verrouillés sur le Fero. Elle attendait d’y déceler quelque chose de particulier. Un appui, une désapprobation, un reproche, un accord, du mépris, n’importe quoi. Qu’on ne lui fasse pas croire que personne dans cet internat n’avait jamais eu l’idée d’aller squatter les quartiers extérieurs après minuit ?! Pas Léo en tout cas apparemment. Lui, il avait l’air de préférer rester sur la terrasse à se délecter du panorama. Un passe-temps louable, selon Eve, quand on est un familier de l’ennui.

    - Je veux juste tuer le temps, expliqua-t-elle d’une justification qui n’en était pas une, ça me dit rien de retourner au lit. Je dormirai pas.

    La jeune fille aurait pu partir sur le champ, mais une force inconsciente la retenait face à son camarade. Quelque chose chez le rouquin lui renvoyait un miroir d’elle-même : sa solitude, l’impression qu’il donnait d’être coupé des autres, de n’avoir besoin de personne. Elle se trompait peut-être, mais c’est ce qu’il lui faisait ressentir pour l’instant. Tous deux étaient des créatures indépendantes, solitaires, mystérieuses. Des boites de pandore, chacun à sa manière.

    Enfin, Eve détacha son regard terne de son interlocuteur et jeta un coup d’œil en contrebas. La masse compacte de la forêt ceinturait le château, sombre comme un gouffre, gorgée d’imprévus. On avait du l’avertir qu’il ne fallait pas se rendre dans les bois, encore moins à la tombée de la nuit, mais la jeune fille ne se souvenait pas d’un jour proche où la discipline avait été son fort. Son père lui en avait enseigné de rude, oh que oui. Ça ne lui avait pas tellement réussi.


    - Alors, qu’est-ce que tu choisi ? Relança l’Aera de sa voix décolorée, un tour en forêt ? un bain de minuit ? Si vraiment ça ne te tente pas, reprit-elle après un blanc, je veux bien que tu me montre ta salle sur demande, va. Je suppose que je m’ennuierai toujours un peu moins si je ne suis pas toute seule.

    Elle rejeta sa chevelure noire en arrière, ses yeux égarés dans le lointain, vers une contrée cauchemardesque qui n’était pas de ce monde. Ils suivaient un fil d’images qui s’étaient imposées dans son cerveau strié de traumatismes. Pourtant, Eve écoutait toujours Léo. Elle avait juste l’air ailleurs, déconnectée. C’était toujours comme ça. Son corps et son esprit n’étaient plus amis, et depuis fort longtemps.
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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

    Message  Cilyia Blayckz le Sam 27 Juil 2013 - 14:02

    A la suite des deux dernières semaines, qui se sont faites mouvementées dû au fait de son changement d'arme prématurément après un belle leçon des adultes de l'établissement et dû au règlement intérieur de l'établissement, Cilyia s'empressa d'aller se coucher en espèrent que la semaine suivante serait plus simple et que personne ne la remarqueraient.
    Pour se détendre la jeune fille décida de se balader dans les couloirs pour repenser à tout ceci tout en prenant la direction de son dortoir.
    Il était Vingt-trois heures trente quand elle y arriva et où elle vit qu'une nouvelle élèves était arrivée et qu'elle s'était déjà installer dans la chambre d'en face car le rideau était tiré.
    Elle se dit alors qu'elle ferait surement sa connaissance le lendemain au petit déjeuner voir même au réveil.
    Cilyia discuta un petit moment de tout ses passages mouvementés à Yanko, son faucon, qui l'écoutait tranquillement jusqu'à-ce qu'un cri strident vienne les perturber.

    Elle attendit un moment pour savoir si celui-ci allait se réitérer, mais aucun autre ne se fit entendre jusqu’au moment ou le rideau en face de sa chambre se tira.

    Cilyia tenter un rapide coups d’œil quand elle vit une fille en robe de chambre blanche de sa maison partir un peu plus loin.
    La jeune fille se rhabilla alors en coups de vent avec sa robe blanche et grise au couleur de sa maison assortie d'une paire de bottines en cuir noir.
    Son faucon sur son épaule elle pris la poursuite de cette fille dans le dédale des couloirs jusqu’à perdre sa trace. En crapahutant un peu plus dans ceux-ci elle entendit deux vois provenir de la terrasse. Là-bas, Cilyia resta derrière un des murs d'entrée de la terrasse et vit la fille qu'elle avait vu partir en trombe qui devait avoir son age accompagnée d'un lourd passé compte tenue des traits sur son visage qui restait de glace tout au long de la conversation.
    Avec elle, se tenait un jeune homme à la chevelure de couleur rouge feu, un teint pale  et d'une cicatrice profonde au niveau de son oeil droit.

    Les deux adolescents discutaient sans conviction prononcée, jusqu'à ce qu'ils en viennent à parler d'une pièce sur demande. Cilyia continua à écouter la discussion des deux jusqu’à-ce que la fille au visage de marbre dise:


    -Alors, qu’est-ce que tu choisi ? Relança l’Aera de sa voix décolorée, un tour en forêt ? un bain de minuit ? Si vraiment ça ne te tente pas, reprit-elle après un blanc, je veux bien que tu me montre ta salle sur demande, va. Je suppose que je m’ennuierai toujours un peu moins si je ne suis pas toute seule.

    Sur ces mots, Cilyia apparu dans l'encadrement de l'entrée de la terrasse se qui attira toute l'attention sur elle.

    -Qu'est-ce que cette salle sur demande?
    demanda-t-elle directement.


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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

    Message  Léo Castiel le Sam 27 Juil 2013 - 23:53

    Apparemment, peut-être, cette information attira l'attention de la jeune Aéra qui détourna son regard pour se poser sur celui de Léo. Mais difficile de dire si il s'agissait vraiment d'un intérêt soudain ou tout simplement un regard comme un autre. Contrairement à d'autres élèves, il se trouvait que celle-ci s'avérait très peu expressive. Léo ne pouvait s'empêcher de se demander d'où pouvait bien sortir cette fille aux cheveux noirs de jais. Qu'avait-elle donc bien vécu pour être comme ça ? Léo ne pouvait même pas émettre la moindre hypothèse, il n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être une enfance "normale". Il savait qu'il ne pouvait pas prendre sa propre expérience comme référence. Ce monde n'était pas le sien, et il le savait que trop bien. Et ne le sera probablement jamais.

    - T’es pas un marrant toi, annonça-t-elle, j’aurai pensé à quelque chose de plus excitant. Une ballade dans la forêt par exemple, ou une baignade dans le lac au clair de lune tiens, …

    Excitant ? Un ballade en forêt était excitant ? Une baignade dans un lac en pleine nuit était excitant ? Décidément, Léo ne la comprenait pas. Elle était un mystère parfait pour lui, plus que les autres en tout cas. Qu'y avait-il d'excitant à marcher dans une forêt ou à nager dans de l'eau ? Le jeune Fero avait beau se creuser l'esprit, il ne trouvait aucune réponse. Même si savait que cela ne servait à rien, il se prit comme référence. Mais un obstacle lui barra la route dans ses pensées. Quand... ? Lui est-il déjà arrivé, un jour, d'être "excité" ? Il avait beau chercher, il ne trouvait aucun souvenir correspondant à cette sensation. Mais ses souvenirs les plus récents vinrent se percuter dans son esprit. Cette nuit-là.

    - Alors, qu’est-ce que tu choisi ? Relança l’Aera, interrompant le fil des pensées de Léo, un tour en forêt ? un bain de minuit ? Si vraiment ça ne te tente pas, je veux bien que tu me montre ta salle sur demande, va. Je suppose que je m’ennuierai toujours un peu moins si je ne suis pas toute seule.

    Un ricanement intérieur résonna dans l'esprit du Fero. Malgré son ton très monotone, il arrivait à deviner qu'elle n'était pas convaincue par ce qu'elle disait en parlant de se rendre à la Salle sur Demande. Mais de son côté, Léo non plus n'était pas tenté de se lancer dans une "ballade" nocturne en pleine forêt sans aucun but, ni de se baigner dans le lac de l'Académie. Encore moins en compagnie de quelqu'un. Enfin, il fallait dire qu'il n'avait pas envie de grand chose ce soir, juste de rester seul à essayer de trouver des réponses. Enfin, il était inutile de se morfondre ainsi. Autant satisfaire les désirs de la jeune demoiselle.

    - Eh bien, on peut toujours... Hm ?!, s'arrêta brusquement Léo.

    Une nouvelle présence l'alerta. Il avait détourné son regard en une petite seconde et porta toute son attention sur le bruit de pas qui se dirigeaient en leur direction, se retenant de justesse de se ramasser pour bondir en cas de besoin. Il savait qu'il était inutile de garder ses réflexes en ces lieux, mais le fait qu'il les ai gardés le rassurait en un sens : Il avait peur que si il restait trop longtemps à l'Académie, il finisse par les perdre à tout jamais. C'est alors qu'apparu une autre jeune fille apparu devant ses yeux. Une autre Aéra, habillée de la même manière que celle qui se tenait à côté de lui, aux longs cheveux blancs, ondulés, aux yeux de cuivre.

    - Qu'est-ce que cette salle sur demande ?, demanda-t-elle.

    Elle portait sur son épaule un faucon pérégrin qui fixait Léo avec insistance. Ce qui fut rapidement réciproque. L'échange dura de longues secondes, jusqu'à ce que le faucon déploie lentement les ailes, penchant son corps vers l'avant, et que Léo se redressa, avançant d'un pas, les mains le long du corps, les doigts comprimés à la manière d'un prédateur prêt à griffer. Ce ne fut qu'à l'ultime seconde que Léo se rendit compte de son état et se rétracta. Le faucon battit des ailes pour se redresser, continuant de fixer Léo. Ce dernier frotta ses yeux, en particulier sa cicatrice, en soupirant silencieusement.

    - Désolé... La Salle sur Demande, donc ?... Comme je viens de le dire, c'est une salle magique qui n'apparait que lorsque l'on à besoin de quelque-chose.

    Le silence s'installa sur la terrasse, lourd. Jusqu'à ce qu'un cri retentissent dans la nuit. Léo se retourna aussi sec. Il reconnaissait ce cri. Il l'aurait reconnu entre milles. Le cri d'un oiseau. D'un phœnix pour être plus précis. Le volatile surplombait le ciel de son plumage de feu et vint se poser sur l'avant-bras de Léo qui le lui avait tendu. Ignis poussa un petit cri de joie et se fit la toilette. Un sourire s'afficha sur le visage de Léo. Un sourire plein de sérénité que lui procurait la présence de cet animal. Ce phœnix était le seul être vivant capable de lui procurer cette sérénité qu'il ne retrouvait nul part ailleurs. Une autre petite brise caressa tendrement la peau de Léo et fit danser la natte de ses cheveux rougeoyants. En quelques secondes, Ignis venait de balayer tout les tracas du jeune Fero. Le phœnix se décala sur l'épaule de Léo et ce dernier se retourna, arborant son sourire sans même s'en soucier. Il planta son regard dans celui de la jeune Aéra aux cheveux noirs de jais.

    - Qu'en dis-tu ?, demanda-t-il, sachant que la jeune fille comprendrait sa question silencieuse.


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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

    Message  Eve Victoriya le Dim 28 Juil 2013 - 19:49

    Alors qu’il allait lui répondre, Léo s’interrompit en cessant de la regarder. Avant d’avoir pu l’interroger sur la raison de sa distraction, Eve entendit une voix provenant de l’entrée de la terrasse, qui demandait ce qu’était la salle sur demande. Sans laisser paraître sa surprise, elle détourna ses yeux noisette délavés pour apercevoir la silhouette d’une jeune fille dans l’encablure de la porte. C’était une Aéra, ça se voyait au blason de sa robe de chambre, mais l’adolescente ne la connaissait pas. Elles avaient l’air d’avoir le même âge pourtant, s’étaient-elles croisées quand elle avait quitté le dortoir ?

    Eve haussa les épaules. En réalité, elle s’en fichait éperdument. Elle qui avait eu l’habitude de pouvoir rester dehors très tard, voire découcher régulièrement, ce rendez-vous de minuit improvisé lui paraissait tout à fait normal. Ça ne lui venait même plus à l’esprit que dans cette académie d’internes, elle n’était pas censée se trouver dans les couloirs à une heure pareille. Et puis, au pire, que risquait-elle ? Punition ? Heure de cachot ? Corvées ? C’est pas comme si ça lui faisait peur. Il y a bien longtemps que la discipline du système scolaire ne la touchait plus.

    Tandis que Léo répétait son explication sur la pièce sur commande… ou quelque chose comme ça, elle ne s’en souciait déjà plus, Eve détaillait Cilyia de ses yeux ternes. Elle aimait bien faire ça, elle avait l’impression de pouvoir profiler les gens, reconstruire leur personnalité rien qu’en les observant. Sa comparse Aera par exemple, cachait de la tristesse dans ses yeux cuivrés. Elle s’était aventurée seule pour braver le couvre-feu, donc elle ne devait pas avoir d’ami – ou en tout cas, pas de suffisamment proche pour découcher avec elle. De toutes les façons, ce n’était visiblement pas le simple frisson de l’affrontement de l’interdit qui l’avait mené ici, donc elle ne devait pas non plus être de nature à apprécier les divertissements discutables qu’adorait Eve. Cilyia avait un charme naturel, elle se tenait bien droite, on supposait un corps bien fait et en bonne condition physique sous sa robe de chambre. Ce n’était donc pas une fille superficielle, même si ses grands yeux tristes tendraient à ce qu’on lui attribut le cliché d’une naïveté de blonde.

    Voilà, c’était aussi simple que ça. Mettre les gens dans des boites, c’était rassurant. Eve s’en fichait d’avoir tort ou raison – même si elle se galvanisait d’un certain succès dans ses estimations. Connaître les gens avant de leur adresser la parole, c’est la méthode qu’elle avait trouvé pour ne plus être atteinte ; pour que sa carapace reste ce qu’elle est devenue. Une armure de glace sur son corps fragile, sans laquelle elle volerait en éclat.

    Un cri la tira de ses pensées, ces inlassables songes dans lesquels elle se perdait continuellement. Un phœnix descendit du ciel pour venir se poser sur le bras de Léo, son propriétaire visiblement. Quand ce dernier se raccrocha à son regard sans couleur pour lui demander ce qu’elle en disait, Eve souleva un sourcil imperceptiblement :


    - Hum ?! Le "placard à la demande" ? Oui, oui, c’est bon on y va, je te suis, concéda-t-elle d’une voix désespérément inexpressive, Tu veux lui demander quoi ?

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    Re: Memor veteris magicae [Libre]

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