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    Un jour pas comme les autres

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    Maximillen Kroëner
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    Un jour pas comme les autres

    Message  Maximillen Kroëner le Mar 1 Mai 2012 - 22:05

    Ce jour du 2 mai n'était pas comme les autres. On célébrait les 24 ans de Zajolah Xamendor, la directrice de la maison Aera, le professeur de musique magique, beaucoup de professions et de responsabilités pour une personne si jeune. Mais elle était à la hauteur de ses qualifications, et elle avait déjà su faire ses preuves au cours de diverses péripéties dans l'enceinte du château. De plus, elle faisait une enseignante très douée par sa capacité à expliquer et elle savait être à l'écoute de ses élèves.

    Maximillen ne la connaissait pas beaucoup personnellement puisqu'elle venait d'arriver à l'Élément Académie, mais il l'appréciait déjà puisque les rares discussions et contacts qu'ils eurent ensemble furent à chaque fois riches et intéressants. C'est pourquoi il tenait particulièrement à aller lui souhaiter son anniversaire en personne.

    Il était encore tôt ce matin, les cours n'avaient pas encore commencés, et Maximillen sortit déjà de sa chambre avec un bouquet de fleurs à la main. Il se dirigea vers la chambre numéro quatre, celle qui appartenait à l'impétrante Zajolah.
    Le professeur Kroëner s'approcha de la porte. Il se demanda si sa tenue n'allait pas être déplacée. En effet, il avait prit soin de mettre une chemise, une cravate blanche, des chaussures de soirée noires et fraîchement cirées. C'était une tenue étonnante pour un petit matin. Mais il réalisa ensuite, avec un peu de honte :

    *Suis-je bête... elle ne verra pas ma tenue de toute façon !*

    Son visage rougit quand il se rendit compte de sa sottise. Heureusement, il avait aussi pris soin de choisir des fleurs d'où émanait un doux parfum qui s'étendait dans l'air. Peu importe leur couleur, c'est sans nul doute leur odeur et leur fraîcheur qui ferait plaisir à la jeune sorcière.

    Le couloir était désert et aucun bruit ne venait rompre le silence pesant, quand il se décida à toquer trois petits coups à la porte.


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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Zajolah Xamendor le Dim 6 Mai 2012 - 8:39

    Le soleil berçait de ses rayons l’herbe perlée de rosée et apportait la chaleur de par sa présence matinale, venant caresser le minois d’une jeune femme située au troisième étage. Adossée élégamment à sa fenêtre ouverte, Zajolah , ses yeux clos, appréciait ce bain de l’astre solaire sur son visage pâle et délicat. Ses lèvres fines, ses joues légèrement rosies et son teint clair faisait transparaitre en elle une éternelle fraicheur. Pourtant, ce jour était un peu particulier car à la différence de tous les autres, c’est en cette date que douze mois s’imprimaient sur l’existence de l’Aera.

    Vingt-quatre ans, aujourd’hui même pour cette femme au cœur pur. La réussite avait marché dans son sillon vu le lieu ou elle se trouvait à l’heure actuelle. Mais la vie ne l’avait pas épargnée non plus et cet âge – qui était proche de celui de ses élèves et qui les rapprochait indéniablement – était empreint d’une bien grande maturité.

    Les oiseaux chantonnaient leurs airs printaniers, qui parvenaient jusqu’à l’ouïe affûtée de la mélomane. Un beau jour se profilait à l’horizon. Cependant, la mélancolie avait déjà su cueillir la princesse du jour. Déprime de prendre un an de plus ? Oh que non, cela ne correspondait pas à la demoiselle de faire des caprices pour si peu (ni même en général). Un anniversaire correspond à l’avancée d’une vie. Vie donnée par des parents, attentionnés et au combien aimants à l’égard de leur petite Zajolah. Le couple Xamendor avait toujours été un exemple pour elle, qui avait toujours été présent pour leur fille unique – comme a chaque deux mai. Mais la tradition avait été rompue bien trop vite, avec le départ précipité de son père dans un paradis désormais inaccessible. Une absence qui ne cessait de s’agrandir au fil des jours, et d’autant plus pesante alors que l’enfant était seule dans sa chambre.

    Celle-ci était assez simple. Un grand lit drapé occupait la moitié de l’espace, tandis qu’au mur opposé ce situait un bureau en chaîne à proximité de la fenêtre. Une charmante salle de bain de plein pied parfaitement adaptée à ses besoins y était adjacente. Tout le mobilier était d’origine naturelle, s’appuyant sur de nombreuses essences de bois variés. La couleur était pourtant la grande absente de cet havre de paix et donnait une impression de nostalgie non dissimulée. C’était pleinement assumée par la locataire, à qui il était facile d’attribué cet espace. De multiples partitions jonchaient le sol, créant un tapis de mélodies sur lequel aimait tourbillonner la musicienne. A cela s’ajoutait un violoncelle au pied du lit, une flûte à bec sur la table de nuit, un clavier de piano sur la porte en bois sculptée, une guitare accrochée au mur en compagnie de multiples instruments tels un banjo, un didgeridoo, un violon, un hautbois, un accordéon, des maracas… et tant d’autres ! C’était le temple de la musique ! Cela correspondait parfaitement à l’âme de la personne qui vivait en ces lieux. Il y avait seulement une chose surprenante : un mystérieux miroir qui était suspendu volontairement sur la porte de la salle d’eau...

    Miroir qui reflétait la fine silhouette de Zajolah. La sorcière portait une tenue pour l’occasion et encore plus colorée qu’à l’accoutumé. Il s’agissait d’une longue robe multicolore, cintrée avec un ruban de dentelle blanche, également présente aux longues emmanchures et au niveau du col évasé qui laissait découvrir ses épaules – une première en soi. En effet, la coupe de cette robe qui la mettait particulièrement en beauté avait le défaut de laisser entrevoir quelques cicatrices dues à son accident. Mais que cela ne tienne ! La longue chevelure châtain venait les camouflés. Cette chevelure était également soignée, avec de longues mèches argentées qui soulignait son côté soyeux. Deux petites tresses étaient reliées entre elle et créait une délicate couronne sur le reste de sa coupe lisse.

    Cette vision céleste de la demoiselle endimanchée regardant devant elle avait des allures de contes. Dommage qu’une triste lame eut roulée sur sa joue tandis que ses doigts se refermaient doucement. Ses mains tenaient une lettre attendrissante de sa mère qui lui souhaitait un bel anniversaire et lui avait joint un cadeau : une broche pour cheveux particulièrement précieuse. Elle formait une entremêlée de fleurs des champs et de notes de musique, faite d’argent et parsemée de diamants étincelants : broche unique et sentimentale.

    Et c’est alors, entrainée par le rythme mélodieux des sifflements et de ses souvenirs bouleversants, que la voix sucrée de Zajolah se mit à résonner :

    -Au mai joli
    Parmi les tulipes et les pissenlits
    Un nouveau bouton d'or venait d’éclore
    Enrichissant la famille heureuse des Xamendor


    Cette chanson élémentaire -mais au combien symbolique- lui avait été chantée depuis toujours et son air – à défaut de vivre dans les accords harmonieux de ses parents – renaissait tel un hommage parmi la tessiture de Zajolah.

    Soudain, trois coups frappèrent à sa porte. Les yeux sans lumière s’ouvrirent. La surprise avait permit d’éloigner - pour un temps du moins - la langueur de Zajolah. Qui cela pouvait-il bien être de si bonne heure ? L’inattendu attisait toujours la curiosité de la demoiselle Xamendor et c’est pourquoi elle n’hésitait jamais à aller de l’avant. Essuyant rapidement la perle de son visage, elle se leva sans un bruit pour aller découvrir la source, qui la réclamait. Avec agilité, elle se retrouva ni une ni deux devant la porte, afin de ne pas faire attendre plus longtemps celui ou celle qui la recherchait. Zajolah tendit sa baguette sur la porte afin de la faire s’ouvrir.

    C’est alors qu’un merveilleux parfum - mélange de lys, de rose, de jasmin et de mimosa -embauma instantanément les alentours et chatouilla agréablement son odorat…

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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Maximillen Kroëner le Lun 7 Mai 2012 - 15:39

    Quand la porte s'ouvrit, une éclatante lumière vint illuminer les pierres sombres des murs du couloir. Ces doux rayonnements étaient accompagnés d'une agréable fraîcheur matinale, et le léger courant d'air causé par l'ouverture de la porte semblait porter l'odeur de la rosée de l'aube, comme si la chambre de la jeune sorcière enfermait un jardin enchanté. De ce jardin provenait aussi le chant joyeux des petits oiseaux qui semblaient eux aussi offrir leurs vœux de bonne journée à la princesse de la musique. Le parfum émanant du bouquet que tenait le sorcier s'harmonisait parfaitement avec l'atmosphère dégagée de la chambre numéro quatre.
    Maximillen fut éblouit par la beauté de Zajolah en ce début de journée. Lui qui pensait s'être vêtu d'une tenue trop soignée, il fut agréablement surpris de voir la magnifique robe et la coiffure soignée dont Zajolah s'était accaparée. Pour que l'effet de surprise fonctionne comme il l'aurait souhaité, le professeur Kroëner ne tarda pas à dire, avec le sourire aux lèvres :


    - Joyeux anniversaire Zajolah !

    Il lui tendit alors le bouquet de fleurs délicatement et prit ensuite plus de temps pour contempler sa belle tenue, car elle ne s'accoutumait que très rarement de la sorte. Elle s'était vêtue d'une longue robe multicolore dont chaque couleur venait s'associer à un parfum du bouquet de Maximillen. Mais c'est surtout le décolleté de cette robe qui était moins fréquent dans la garde-robe de mademoiselle Xamendor. Peut-être qu'elle préférait éviter au maximum de dévoiler son corps. Cependant, ce col évasé qui devait dégager ses épaules perdait sa fonction puisque sa longue chevelure venait cacher tout ce que le décolleté dévoilait. La raison pour laquelle on ne voyait jamais au delà des clavicules de la jeune directrice des Aera était inconnu, mais ce n'est sans doute pas une question d'indécence car sa tenue d'aujourd'hui était tout à fait honorable.
    Son visage respirait la fraîcheur. Il était évident qu'elle avait passé plusieurs minutes à prendre l'air depuis le rebord de sa fenêtre. Mais quelque chose semblait clocher dans cette atmosphère apaisante ; les yeux de Zajolah étaient très humides et légèrement rouges comme si elle venait de pleurer. Quelle nouvelle pouvait bien rendre son jour d'anniversaire aussi triste pour lui arracher quelques larmes ? Étant soucieux de sa santé, Maximillen lui demanda donc :


    - Quelque chose ne va pas ? Tes yeux me laissent penser que tu as du chagrin...


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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Zajolah Xamendor le Lun 4 Juin 2012 - 9:19

    Alors que des senteurs et autres parfums printaniers saisissaient agréablement la sorcière du jour, celui qui lui avait réservé cette jolie surprise eut bientôt un nom ! En effet, la voix enjouée d’un de ses collègues se fit percevoir joyeusement

    - Joyeux anniversaire Zajolah !

    C’était Maximillen Kroëner, Aera de renom et professeur de Defense Contre le Force du Mal qui l’accueillait et lui souhaitait honorablement son deux mai à elle. Les lèvres de Zajolah s’étirèrent instantanément en un sourire délicat et sincère. Elle ne s’était guère attendue à cette visite et cela l’émouvait beaucoup. De plus, elle perçut en arrière-plan de ses pétales fleuries une odeur satinée de cirage, qui prouvait que la personne attentionnée a elle était des plus soigné, au point de prendre en compte le moindre petit détail.

    C’est alors dans un mouvement aérien que le bouquet coloré dans le piano des saveurs s’approcha vers elle et qu’instinctivement elle prit précautionneusement ce cadeau.


    -Oh ! Merci beaucoup Maximillen ! Ca me touche énormément ! Et je ne m’y attendais vraiment pas ! Merci, ces fleurs sont vraiment magnifiques !


    Elle avait parlé très spontanément à l’égard de son ainé. Le Professeur Kroëner était un Aera très puissant, un professeur compétant et apprécié. Bien qu’ils se soient encore peu côtoyé, étant donné l’arrivée encore récente de la directrice des Aéras, ils s’étaient rapidement instauré entre eux un climat respectable et respectueux.
    Ses paroles mélodieuses s’accompagnaient de joues roses sous l’effet de l’émotion. Une réaction disproportionnée ? Peut-être pour certains mais cela bouleversait réellement la jeune femme. Il y avait quelques instants encore, elle pleurait l’absence de ses proches, de sa famille qui lui manquait. Maximillen avait-il perçut cet appel ? Les oiseaux lui avaient-ils chuchoté ? Impossible, a ceux qui ne savent garder leur âme d’enfant et leur poésie intérieure. Mais c’était ainsi qu’était venue à elle sa seconde famille, celle de l’Élément Académie.

    Zajolah tâcha d’adresser un regard reconnaissant malgré ce gris perlé et cet air un peu perdu. Que ne tarda pas à comprendre Maximillen…


    - Quelque chose ne va pas ? Tes yeux me laissent penser que tu as du chagrin...


    La musicienne fut une nouvelle fois prise au dépourvu. Décidemment, son cher collègue semblait très soucieux d’elle et attentif. Son visage se figea quelques secondes tandis qu’automatiquement, ses doigts de la main gauche se refermèrent sur la lettre et la broche. Un regain de tristesse vint caresser ses iris quasi absents. Signe de mauvais souvenirs ? Propre déception à l’idée de n’avoir su épargner des idées à son collègue venue à sa rencontre ?

    - Les années passent mais les souvenirs restent…

    La phrase était venue d’elle-même, murmurée en un souffle sucrée et acide. Et un terrible silence vint remplir cette atmosphère, peu propice à ce revirement de bord. Seuls quelques oisillons arrivaient à parsemer de quelques notes cette nouvelle vague de souvenirs.

    Monsieur Xamendor avec son saxophone, Madame Xamendor qui dansait le jazz avec sa petite puce de 5 ans… une broche dans ses cheveux châtains aux reflets précieux posée par les mains d’une mère aimante, un père qui s’écroulait dans un bruit sourd…

    Soudain Zajolah se ressaisit immédiatement.

    - Je m’excuse ! Je suis là… silencieuse… alors que vous êtes venus chaleureusement pour moi ! Pardon ! Je vous en prie, entrez !

    Un peu chamboulée mais avec un sourire discret sur son visage marqué par une tristesse qui s’imposait, Zajolah s’empressa d’honorer la présence du professeur Kroëner. Elle s’aventura dans son chez soi, ouvrant complètement la porte pour l’inviter à la rejoindre, en son domaine en bazar mais très personnalisé.
    Elle pointa un harmonica situé près de la clenche de la salle de bain et prononça secrètement la formule « Vasevarto » qui eut l’effet de créer un vase nacré, qui saurait garder la beauté des plantes offertes le plus longuement possible afin qu’elle puisse profiter au mieux de ce présent. Alors qu’une cruche d’eau fraiche venait se déverser d’elle-même dans le réceptacle, les souvenirs reprirent le dessus.

    Des rires, un chant de famille, des bougies, un incendie, un bouquet de fleurs, une lame, Maximillen Kroëner, son père à terre…

    Alors face à la porte d’entrée, au niveau du pied de lit, de trois quart à son collègue elle se sentit flancher. Elle prit tout de suite un des rebords du baldaquin afin de rester sur ses pieds, arrivant à garder le vase intact. Pourtant, de ses doigts gauchers s’échappèrent ses biens, tombant doucement sur un tapis d’air et se confondant avec les partitions au sol…

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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Maximillen Kroëner le Mer 6 Juin 2012 - 21:09

    - Les années passent mais les souvenirs restent…

    Quand cette phrase, prononcée avec tant de sincérité, atteint les oreilles de Maximillen, il regretta soudain de lui avoir posé sa question de la sorte. Il craignait avoir remué le couteau dans l'inconnue plaie qui semblait ronger les souvenirs de Zajolah en ce jour de fête. Un silence perdura alors, Maximillen ne sachant trop comment rétablir le moral de sa chère collègue et Zajolah semblant plongée dans d'anciens souvenirs. Finalement, Maximillen se risqua à briser cette atmosphère pesante :

    - Zajolah ?

    - Je m’excuse ! Je suis là… silencieuse… alors que vous êtes venus chaleureusement pour moi ! Pardon ! Je vous en prie, entrez !

    Le professeur Kroëner fut surpris par cette réponse instantanée et vive à tel point qu'il fit presque un sursaut. Mais il en fallait plus pour effrayer le grand sorcier qui accepta l'invitation de la jeune directrice Aéra. C'était d'ailleurs la première fois qu'il mettait les pieds à l'intérieur de la chambre numéro quatre. Il n'avait même jamais eu l'occasion d'en entrevoir un moindre bout de mur. Il découvrit donc cette petite pièce avec beaucoup de curiosité et un petit sourire aux lèvres. Il n'aurait jamais pu imaginer qu'autant d'objets pouvaient rentrer dans un appartement si étroit. Et pourtant, les meubles n'étaient pas en abondance ; c'étaient les instruments de musiques qui dominaient ici, certains étaient même inconnus du professeur Kroëner qui fut impressionné.

    * Incroyable ! Sait-elle vraiment jouer de tous ces instrument ?*

    Bien entendu, Maximillen connaissait la réponse. Il était évident qu'en tant que professeur de musique magique, Zajolah devait être curieuse et passionnée par les faiseurs de rythmes et mélodies. Ces objets devaient être pour elle des compagnons plus que de simples objets, un peu comme la baguette l'est avec le sorcier. Il vit d'ailleurs un harmonica se détacher d'un mur pour virevolter en direction de sa propriétaire, quand il se changea soudain en vase.

    * Je vois que ses compagnons ne l'aident pas qu'à jouer de la musique !* se dit-il en souriant.

    Mais après cette réflexion, la minutie du grand sorcier le rattrapa et il baissa rapidement son regard en direction du sol. En effet, il se refusait d'abimer l'une des partitions de musique qui habillaient le par-terre de la chambre en marchant dessus, bien que ses chaussures furent absolument propres puisqu'elles avaient été astiquées le matin même. Maximillen avait même astiqué sa bague lumineuse en argent qu'il portait tout le temps sur son majeur droit.
    Heureusement que Mademoiselle Xamendor avait précédé ses pas pour le guider dans sa marche. Il avança sur la pointe des pieds en titubant légèrement, s'insérant dans le moindre morceau de sol qui n'était pas encore encombré d'une feuille mélodique. Quand il arriva presque au niveau de Zajolah, à un mètre de son lit, cette dernière sembla perdre l'équilibre et chuter en avant, se rattrapant de justesse au baldaquin. Pensant d'abord qu'elle avait trébuché sur l'un des divers objets qui occupait le pied du lit, Maximillen dit pour plaisanter et toujours en titubant :


    - Ah, je vois que je ne suis pas le seul à avoir des problèmes avec le désordre par terre !

    Puisqu'il était entrain de scruter ses pieds depuis quelques secondes, le professeur Kroëner ne pouvait pas se douter que Zajolah venait de faire un malaise puisqu'il ne vit pas qu'elle avait chuté à l'arrêt. Par contre, il avait bien remarqué un objet tomber au milieu de partitions et il s'empressa de se pencher pour le lui ramasser poliment. La lettre que tenait Zajolah s'était déposée délicatement un peu plus loin, emportée par un courant d'air, se mêlant alors aux autres papiers et échappa au regard de Maximillen. L'objet qu'il avait vu choir était un bijou ; une magnifique broche argentée aux motifs floraux associés à quelques notes de musiques. Lorsqu'il tendit sa main droite pour la ramasser, les diamants de la broche se mirent à scintiller davantage au fur et à mesure que le sorcier s'en approchait. Ce phénomène étonnant ne l'empêcha pas de ramasser le bijou pour le contempler plus minutieusement, car la lumière qu'il dégageait à présent agitait sa curiosité. Les petits diamants dégageant une lumière jaune avaient une forme bien spécifique de cône à sept face, ce qui arracha une exclamation au grand professeur Aera :

    - C'est impossible !

    Tenant le bijou de Zajolah dans le creux de sa main droite, la bague de Maximillen projetait en direction de la jeune sorcière un rayon lumineux du même jaune que celui de la broche.


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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Zajolah Xamendor le Lun 11 Juin 2012 - 7:52

    Tandis qu’elle guidait son collègue en son antre, les souvenirs ressurgirent sans l’avertir, l’assommant de son passé douloureux. Des sensations lui revinrent comme des marques indélébiles, gravées à jamais dans sa mémoire, la frappant, l’accablant. Pourquoi avaient-ils choisit cette date ? Peut-être était-ce le meilleur instant, là où l’absence manquait le plus, pour profiter de sa faiblesse que son cœur ne pouvait faillir. Les tourments eurent raison de la jeune femme qu’une seconde, juste assez pour lui faire perdre la notion des choses et laisser submerger cette impuissance. Mais pas assez pour l’abattre complètement. Zajolah était une battante. Elle ne se laissait pas aller à la première difficulté venue. La vie est faite de mauvaises et de magnifiques choses. La sienne l’avait faite orpheline mais elle avait su prendre une belle revanche en devenant la sorcière qu’elle était aujourd’hui. Bien qu’une cicatrice éternelle, aux sutures sensibles restera incrustée en son âme et en son cœur.

    Zajolah se redressa rapidement, en soufflant doucement afin de reprendre le contrôle et ne pas laisser une seconde larme se frayer un chemin sur son visage de porcelaine. Et une voix taquine vint lui faire retrouver aisément le chemin d’un jour printanier et ensoleillé :


    - Ah, je vois que je ne suis pas le seul à avoir des problèmes avec le désordre par terre !


    La jeune femme Aera se sentit rougir et lui sourit, mi-honteuse, mi-amusée. Outre le fait qu’elle était rassurée de n’avoir pas importunée Maximillen, elle savait pourtant que le rangement n’était pas son point fort. Au vu de son handicap, on pourrait penser que chaque chose devait avoir sa place, d’une part pour ne pas déranger ses déplacements, et d’une autres pour retrouver facilement la disposition de certains objets spécifiques. Mais non ! Oui, la magie n’était pas innocente. Grace à ses pouvoirs, la vie sans lumière lui avait tendu une main en l’aidant de ses capacités. Mais dans ce désordre volontaire en ressortait une philosophie. Celle du mouvement, celle enrichissante, pleine et toujours plus grande, celle de la vie !

    Cette touche d’humour lui fit naitre un regard reconnaissant et prendre plaisir a recevoir son hôte dans ce monde désordonné mais au combien unique de vivacité. La jolie brune s’empressa de poser le bouquet - digne de rivaliser avec l’arc-en-ciel de Dame Nature- sur sa table de nuit. La couleur prenait tout son sens en ce lieu habituellement si monotone dans ses teintes de beiges. Et le plus fabuleux dans tout cela ? Zajolah les voyait, peut-être pas avec ses pupilles argentées – mais elle les voyait !

    C’est alors qu’elle n’avait plus rien entre ses doigts délicats qu’elle se rendit compte que la lettre et son contenue n’était plus en sa possession. Son malaise maladroit lui avait joué ce vilain tour. Que cela ne tienne ! Il en fallait plus pour lui faire perdre ce moment sympathique que lui faisait partager Maximillen.
    Aller de l’avant. Profiter de l’instant présent. Des mots à l’empreinte maternelle.

    Tandis que Zajolah se retournait pour faire pleinement face au puissant Aéra et pour l’accueillir au mieux, malgré les mille mélodies attachées au sol, celui-ci s’exclama :


    - C'est impossible !

    Privée de la vue et voulant a tout prix se ressaisir pour remercier son invité de lui faire l’honneur de penser à elle le jour de son anniversaire, elle n’avait pu voir ni même percevoir le fait que le Professeur Kroëner avait saisit sa broche, alors tombée de sa main. Sans compter que l’aura lumineuse et doré lui était inconnue, tout comme cet évènement étonnant de cette connexion entre la bague de Maximillen et sa propre parure pour cheveux. Et ce faisceau éclatant qui la désignait.

    Bien qu’elle n’eut pas ce ressentit, elle fut tout à coup consciente qu’un puissant flux magique était dans la pièce. N’étant pourtant pas dans la confidence de ce spectacle flamboyant, elle crût comprendre de quoi parlait Maximillen. En effet,
    un chant mystérieux lui parvint. En réalité, elle seule pouvait le percevoir car seuls les sorciers affiliés à l’air et spécialisé dans la lecture des mélodies aériennes pouvaient percevoir cette mélodie. Une voix feutrée vint moduler un air se voulant nostalgique et plein d’espoir à la fois. Une phrase musicale sût l’accompagner élégamment pour marquer un ensemble harmonieux et unique.
    Ce thème transcenda Zajolah. Elle ne savait expliquer son ressentit. Était-ce le dû à un ensorcellement magique ? A moins que c’était-ce la voix d’une prophétie ? Un message destiné… Destiné à qui ? Son cœur ne savait que faire : s’accélérer ou s’apaiser ? Qu’elle était la source et le pourquoi de ce pouvoir ? Et comment expliquer qu’elle ressentait cette mélodie comme si elle émanait d’elle alors qu’elle savait que c’était impossible.


    - C’est incroyable !

    La musique inconnue de l’ouïe de Maximillen se poursuivait, tout comme il en était le cas pour le phénomène inconnu de la vue de Zajolah. Que signifiait cette péripétie déjouant les affres du réel ?
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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Maximillen Kroëner le Mar 12 Juin 2012 - 21:23

    - C'est incroyable !

    Zajolah avait prononcé ces mots avec la même intonation que l'exclamation de Maximillen un instant plus tôt. Cela accentuait l'étrangeté de la situation puisqu'il semblait improbable que la jeune sorcière ait pu voir la lumière émaner des bijoux. Pourtant, elle avait bel et bien ressenti quelque chose, ce qui perturba beaucoup le professeur Kroëner, plus que la lumière émanant de sa bague.

    En effet, Maximillen avait fait beaucoup de recherches concernant les défenses contre les forces du mal et en parallèle sur le décuplement des pouvoirs élémentaires. Et afin de mieux comprendre les étranges phénomènes qui étaient entrain de se passer dans la chambre numéro quatre, un petit retour en arrière s'impose.

    C'était en 1992, lors de sa dernière année de licence Génie des Sorts, que Maximillen développa ses recherches afin de rédiger sa thèse qu'il intitula « L'amour, l'élément magique ». À cette époque déjà, Maximillen était un grand penseur et il était le premier sorcier à découvrir que l'amour pouvait influer sur la capacité des pouvoirs élémentaires. Lorsqu'il était étudiant, il possédait déjà un chat nommé Saphir. Il l'avait reçu lors de son entrée à l'Élément Académie et leurs relations furent aussi proches qu'aujourd'hui avec sa chatte Foudre. Maximillen ressentait les maux et les angoisses de Saphir, mais aussi ses joies au plus profond de son âme. Durant ses études, Maximillen remarqua que ses sortilèges étaient toujours plus performants lorsqu'il pensait fortement à son petit compagnon en les lançant. Il eut alors l'idée de pousser ses recherches sur le lien qu'il existait entre l'amour et les pouvoirs élémentaires qu'il développa dans sa thèse de licence.
    De plus, il avait lu dans le grand livre « Minéraux et pierres magiques » qu'il existait un diamant très rare et assez résistant pour renfermer une aura magique condensée d'un pouvoir élémentaire. Cet unique diamant ne se trouvait qu'à un endroit sur terre : dans une grotte sous-marine nommée Damani et située au milieu de la dorsale atlantique, enfouie quelques centaines de mètres dans les profondeurs obscures de l'océan. La pression qui existait dans cette grotte était telle que les diamants de Damani possédaient tous la même forme et la même taille : ils avaient une forme de cône à sept faces et mesuraient quatre millimètres de hauteur seulement. Ils étaient transparents sans aucune imperfection et étaient très résistants, aucune rayure ne pouvait les pénétrer. Mais la liste de facultés ne s'arrêtait pas là ; cette grotte, aussi profonde soit-elle, était plongée dans une agréable lumière dorée émanant des mille et uns petits diamants. Mais lorsque l'un d'entre eux sortait de la grotte magique, il s'éteignait aussitôt et ne recommencerait à briller qu'une fois comblé d'une aura magique. Mais à cette époque, l'expérience de Maximillen était encore trop faible pour qu'il puisse mettre en pratique l'intégralité de ses théories.

    Ce n'est que trois ans plus tard en 1996, trois ans après la mort de Saphir et trois ans après l'adoption de Foudre, qu'il pu mettre en pratique ses recherches. Le professeur Kroëner réussit à se procurer l'un de ses petits diamants précieux, vidé de toute lumière. Et un soir, dans son bureau, il lu de longues pages de formules, effectua plusieurs sortilèges et bu plusieurs potions durant d'innombrables heures en présence de Foudre. Il avait fabriqué une bague en argent sertie du petit diamant qu'il plaça autour de la patte avant de sa chatte. Lorsque le rituel fut préparé sans la moindre faute avec la plus grande rigueur, Maximillen pointa alors sa baguette en direction de son animal et de la bague, puis ferma les yeux quelques secondes. C'est lorsqu'il les rouvrit qu'un puissant rayon violet jaillit de sa baguette pour aller tout droit en direction du diamant. Ce rayon filait à une vitesse étourdissante pendant près de deux minutes. Quand il s'éteint, Maximillen tomba à genoux, lâcha sa baguette et s'écroula finalement au sol, à côté du corps allongé de Foudre.
    À son réveil, le soleil éclairait ses yeux, Foudre était debout à côté du professeur et le petit diamant sur sa bague brillait d'une douce lumière jaune tamisée. Le sortilège avait fonctionné et une partie des pouvoirs élémentaires de Maximillen étaient venu se loger sans sa bague, fusionnés avec une part d'amour procuré par son animal de compagnie. La puissance de ses pouvoirs étaient à présent décuplés et des éclairs foudroyants pouvaient à présent se mêler aux tornades et rafales de Maximillen en faisant de puissants dégâts, mais uniquement en présence de l'être lui ayant fourni l'amour nécessaire. Depuis, le professeur Kroëner porte cette bague autour de son majeur droit sans jamais s'en séparer.

    Revenons à présent dans la chambre numéro quatre, là où la broche de Zajolah s'est mystérieusement mise à briller, où la bague de Maximillen pointait d'un faisceau lumineux le visage de la jeune sorcière, et où une mélodie enchanteresse s'était installée dans la tête de la mélomane. L'étonnement du professeur Kroëner face au bijou de Zajolah s'expliquait facilement ; sa bague, composée d'un seul diamant de Damani, contenait déjà une puissance incomparable, alors il eut du mal à imaginer quelle était la capacité du bijou de Zajolah, composé d'une dizaine de diamants de Damani.


    *C'est réellement impossible... comment tant de diamants de Damani peuvent être regroupés sur un seul bijou ? Pourquoi se sont-ils mis à briller soudainement ? Et pourquoi ma bague pointe-t-elle Zajolah ?*

    Maximillen n'avait pas encore de réponses à ces questions, mais il se devait d'informer Zajolah de la situation :

    - Toi aussi tu as ressenti ce qu'il s'est passé ? Il faut vraiment que je t'explique de quoi il s'agit car s'est très bouleversant. Assieds-toi, c'est assez compliqué.

    Bien que Maximillen n'eut pas été chez lui, il invita Zajolah à s'asseoir avant de commencer à lui raconter les phénomènes étranges. Lui-même s'assis sur le bord de son lit, puis dit :

    - J'étais entrain de ramasser la broche que tu as laissé tomber lorsque les diamants qu'elle contient se sont mis à briller intensément. Ces pierres précieuses se nomment diamants de Damani qui signifie « puissance » en Breton...

    Il continua de lui conter la provenance et les bienfaits de ces diamants, puis repris :

    - Ce que je ne comprends pas, c'est qu'au jour d'aujourd'hui, seuls cinq diamants de Damani ont été utilisés par des sorciers pour décupler leurs pouvoirs. Il y a le mien bien entendu, serti dans ma bague. Le second est chez un collègue de Défense contre les forces du mal dans une école de magie Anglaise qu'il incrusta dans sa baguette magique. Le troisième appartient à la directrice de l'Élément Académie Allemande qui en a fait une boucle d'oreille. Le quatrième est situé dans l'alliance du responsable adjoint du ministère de la magie. Le dernier se trouve sur le collier de la rédactrice du manuel « Sortilèges contre les démons », écrivaine française.
    Étant l'inventeur du processus de décuplement des pouvoirs élémentaires par un diamant de Damani, je suis en quelques sortes le modérateur de l'exécution de ce rituel et suis informé de chaque réalisation. Je ne sais pas d'où vient ton bijou, ni s'il a été enchanté, mais il comporte en lui le double des diamants de Damani utilisés par des sorciers dans le monde entier et il contient des capacités magiques inimaginables. Il faut absolument que tu m'en dises plus sur cette broche... d'où l'as-tu et as-tu déjà utilisé ses pouvoirs, si elle en possède ?


    Maximillen était bouleversé et bien qu'il eut expliqué calmement la situation à sa collègue, ses dernières questions avaient été dites dans une vive impulsion. Mais il avait besoin de réponses.


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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Zajolah Xamendor le Dim 30 Sep 2012 - 9:14

    Musicienne accomplie Zajolah en connaissait le pouvoir. Celui d’en faire naitre des émotions, des sentiments, des histoires, de la magie. Un élément entier. Et pourtant, c’était la première fois qu’elle ressentait une telle force, une telle puissance. Souvent, Zajolah était comparé en étant la petite sœur de la gamme, l’âme qui permettait de faire vivre les cœurs en forme de notes et de partitions. Un surnom bien flatteur que lui avaient attribué les connaisseurs et la presse musicale. Mais, à vrai dire, ce nom lui convenait. De son être, elle avait révolutionné le monde de la musique par sa technique, ses airs inventifs, sa personne de prodige, et sa générosité. Comme si la musique s’était logée en son essence. Pourtant, cette fois-ci, c’était juste…comment dire… exceptionnel ? Zajolah ressentait la pulsation rythmée jusque dans ses veines, son cœur enveloppé d’un havre de paix, d’un bien-être extrême et d’une énergie phénoménale. Cela avait de quoi être incroyable, non ?

    Un silence pesant c’était installé dans la pièce chaleureuse, gardienne de mystères et de secrets. Tout comme cette voix lointaine qui empoignait le corps et l’esprit de la jeune femme. Une sensation tout en contraire et tout en nouveauté. Pour elle comme pour Maximillen... Étrange, la musique qui vivait en elle ne pouvait être perçue que par elle seule, Zajolah en était intimement persuadée. Que réservait cet acte magique inattendu et non anodin pour autant ?


    -Toi aussi tu as ressenti ce qu'il s'est passé ? Il faut vraiment que je t'explique de quoi il s'agit car s'est très bouleversant. Assieds-toi, c'est assez compliqué.

    La voix de Maximillen était toute tremblante, démontrant un choc et une incompréhension certaine dissimulée dans une appréhension. Mais laquelle ? Le ton inquiet et vif de son collègue intrigua Zajolah. Quel phénomène tracassait-il a ce point son ainé Aera, alors qu’il y avait encore quelques minutes, sa voix était posée et son aura reposée ? Maximillen saisit alors sa main et Zajolah se laissa guider, jusqu'à s’asseoir sur le drap brodé qui recouvrait son nid douillet. Les larges mains, dans lesquelles celles féminines semblaient ridicules, étaient légèrement humides, marque flagrante d’une tension. A ses côtés, le professeur prit place a son tour. Il semblait tellement perturbé qu’il enchaina directement, ne laissant même pas le temps à Zajolah de répondre a sa précédente interrogation.

    - J'étais entrain de ramasser la broche que tu as laissé tomber lorsque les diamants qu'elle contient se sont mis à briller intensément. Ces pierres précieuses se nomment diamants de Damani qui signifie « puissance » en Breton...

    Ce fût au tour de Zajolah de se sentir troublée. A la différence de Maximillen, elle ne connaissait pas l’origine du sortilège jusqu’alors. Cette découverte lui noua la gorge. Sa broche… fondement de cette force dynamique ? Son ouïe lui fit reprendre le fil du monologue passionné

    - Ce que je ne comprends pas, c'est qu'au jour d'aujourd'hui, seuls cinq diamants de Damani ont été utilisés par des sorciers pour décupler leurs pouvoirs. Il y a le mien bien entendu, serti dans ma bague. Le second est chez un collègue de Défense contre les forces du mal dans une école de magie Anglaise qu'il incrusta dans sa baguette magique. Le troisième appartient à la directrice de l'Élément Académie Allemande qui en a fait une boucle d'oreille. Le quatrième est situé dans l'alliance du responsable adjoint du ministère de la magie. Le dernier se trouve sur le collier de la rédactrice du manuel « Sortilèges contre les démons », écrivaine française.
    Étant l'inventeur du processus de décuplement des pouvoirs élémentaires par un diamant de Damani, je suis en quelques sortes le modérateur de l'exécution de ce rituel et suis informé de chaque réalisation. Je ne sais pas d'où vient ton bijou, ni s'il a été enchanté, mais il comporte en lui le double des diamants de Damani utilisés par des sorciers dans le monde entier et il contient des capacités magiques inimaginables. Il faut absolument que tu m'en dises plus sur cette broche... d'où l'as-tu et as-tu déjà utilisé ses pouvoirs, si elle en possède ?


    Plus Maximillen s’exprimait plus les choses s’éclaircissaient pour Zajolah, comme si un rideau venait de se lever. Cette broche avait une histoire, avec un début, un milieu et une fin. La jeune Xamendor en connaissait sa rareté et l’attachement qu’elle y portait était vrai, comme si la broche l’avait élue seule personne pouvant l’orner. Zajolah connaissait les moindres contours, chaque détail, chaque emplacement de chaque pierre. Ce bijou ne l’avait quasiment pas quitté pendant quatorze ans, tel un porte bonheur, une pièce d’identité faisant partie intégrante de sa personne, tel un prolongement logique de sa chevelure si caractéristique et particulière. Mais c’était bien une première pour elle de savoir qu’elle possédait un bien rare, unique et dont Maximillen était l’inventeur. Bien qu’elle ne pût le voir, elle en déduisit par la forme qu’épousait le drap, la hauteur du son de respiration et son emplacement sur le lit où se situait Maximillen et tourna son regard gris vers son visage. Une vive émotion vint alors couvrir son visage, ses joues s’empourprèrent et ses yeux s’embuèrent. Zajolah faisait face à la troisième personne qui avait manifestement joué le plus grand rôle dans sa vie et qui était un des piliers de son existence actuelle.

    Pour comprendre comment ces deux Aéras d’exceptions étaient liés, il faut remonter dans le temps, en 1996 précisément. Le jour de l’Accident. En effet, tout vient de là.
    Après la découverte de ses pouvoirs et de l’aide qu’avait donné la jeune enfant de l’époque, le bâtiment de feu explosa dans un souffle d’air et se retourna contre une unique personne : Zajolah. Ses deux parents, se précipitèrent à ses côtés et ils découvrirent avec horreur leur fille inconsciente, en sang. Seul son visage délicat, protégé par sa masse de cheveux avaient été épargné de milliers de morceaux de verres, ayant transpercé la fine épaisseur de tissu pour se loger dans tous les pores de sa peau. Zajolah était dans un état critique. Entre la vie et la Mort. Immédiatement, elle fût transportée a l’Hôpital des Sorciers Élémentaires.

    Hélas, sa faiblesse, son jeune âge et la violence de ces blessures, ne permirent pas de trouver une solution immédiate. Elle fût plongée dans un coma enchanteur, lui permettant tout juste de respirer. Le nombre de plaies et la précocité de la patiente n’était pas compatible. L’état de Zajolah se dégradait alors de jours en jours sous le regard démunis des soigneurs. Mais dans la famille Xamendor, on ne baisse jamais les bras, on fait face. Les parents encouragèrent les meilleurs soigneurs a venir au chevet de leur « princesse » sans grand succès, encouragent des « méthodes test » et autres traitements novateurs. Rien n’y faisait. Les pulsations du la jeune demoiselle s’amenuisait au cours des jours, qui lui était plus que compter. L’horizon s’assombrissait et le soleil disparaissait. Yaël-Loup voyait son cœur se déchirait a la vue de sa fille qui périssait. Impuissant dans ce monde magique, il jouait a longueur de journées et de nuits des airs pour apaiser les douleurs qui transperçaient le corps de sa tendre Zajolah. Hamipa, voyait la culpabilité la ronger encore et encore et tout semblait jouer contre elle pour sauver son enfant. Elle avait recherché perpétuellement des hypothèses, des probables solutions pour venir en aide a Zajolah. Tout n’était qu’échec.
    Alors que la Mort se penchait au dessus du jeune visage, comme un ultime miracle parvint aux oreilles de l’Auror. Au ministère, il y avait une rumeur fondée sur la découverte d’une nouvelle forme de magie, alliant pouvoir élémentaire et pureté des sentiments, par l’intermédiaire d’une pierre particulière et d’une pratique spécifique, complexe, procédé découvert par un jeune homme. Un génie pensa alors soudain Hamipa. Cette nouvelle technique était la dernière chance de guérison pour sa fille. Seulement, nul doute que cette nouvelle magie allait être ultra-protégée et ne faisant pas partie d’un cercle très haut-placé, aucune chance pour la Tero d’accéder a ce sortilège – synonyme de vie – en temps et en heures. Que cela ne tienne ! Il pourrait lui arriver les pires choses : voler l’invention d’un prodige, perte de son travail, déshonneur public, exil chez les moldus, elle le ferait pour Zajolah. Si elle avait pû donner sa propre vie, elle l’aurait fait depuis longtemps, de même pour son mari, mais cela n’avait pas été possible, alors c’était partit ! Au prix d’efforts de coordinations, de stratégies, de réflexions avancées, le tout avec le temps de la montrer comme ennemi numéro un, Hamipa réussit a mettre la main sur les écrits du fameux jeune homme. Impossible de connaître son nom. Elle ne lui volerait de toute façon pas la légitimité de cette découverte, elle désirait seulement sauver sa fille…

    Le procédé était issue d’une idée brillante mais fort compliqué a exécuté. La matière première étant très recherché et compliqué d’accès. Mais rien ne faisait peur à la mère dont l’enfant ne respirait qu’à peine. Au lieu de se fournir chez un bijoutier ou au marché noir avec des prix inaccessible, Hamipa prit le partit risqué d’aller elle-même sur le lieu clé des pierres dorés, en Bretagne. Une aventure dangereuse l’attendit. Mais elle bravi les mers, les sortilèges, les mafieux, les Éléments pour atteindre en un temps record une grotte alors jamais inexplorée où étincelaient ces magnifiques « Diamants de Damani ». Selon l’inventeur, une unique pierre était employée. Hamipa, voulait absolument mettre toutes chances de son côté et tant qu’a violer les lois, autant le faire pleinement, elle extracta treize pierres. Un dernier espoir. De retour au chevet de sa fille, tout le monde était prêt au deuil. Cependant, la mère montra avec un dernier espoir au fonde de ses yeux et de son cœur les pierres a son mari. Ensemble, ils avaient misé sur cet ultime possibilité et avaient décidés de s’impliqué dans cette illégalité risquée mais fondamentale.
    Leses deux parents associèrent leur magie – élémentaire et sorcière pour l’une, musical pour l’autre – afin de former treize pierre de Damani. L’exercice fût périlleux, d’antant que l’erreur n’était pas admise. De plus, ils avaient tout deux apporté une nouvelle facette au sort récent, incluent l’amour et leur passion. Dans la chambre d’hopital fusait notes de musiques virtuoses et faisceaux colorés de flux magiques expérimentés. L’exécution dura plus de vingt-quatre heure, la fatigue intense mais Hamipa et Yaël-Loup résistait. C’est alors que la totalité des diamants se mirent à illuminer, désignant un être : Zajolah. Yaël-Loup s’empressa de sceller les Damani sur la broche familiale appartenant jadis a sa grand-mère et sa mère, pour alors déposer ce bijou de la dernière chance dans les tresses de sa fille. Les mains des deux parents de nouèrent. Qu’allait-il en être ?
    Le temps passa, comme si il s’était arrêté. Il n’y avait pas la moindre impression d’évolution. Les yeux s’embuèrent. Il fallait y croire, jusqu’au bout.. Le torse de Zajolah s’affaissa puis s’immobilisa… Les perles naissaient… Leur Princesse venait de s’éteindre …

    Soudain, un éclair de lumière éclata dans toute la pièce, d’une couleur de miel d’une énergie jamais inégalée. Les parents durent se cacher les yeux face a l’énergie pure. Puis, ils habituèrent leur regard et virent alors leur fille redressée, ses yeux étincelants d’une lumière de nacre. Ils crièrent de joie, allèrent embrassée leur fille retrouvée. C’est alors que jamais plus Zajolah ne quitta sa broche le temps de sa guérison totale. Ce miracle était inexplicable dans le corps médicinal, faisant de Zajolah une guérison de référence. En effet, la broche ensorcelée était un secret de la famille Xamendor et personne n’en serait jamais au courant. Même si Zajolah avait montré être aveugle, elle était bien en vie et la magie de la broche se mêlait en elle comme une force qui lui était réservée a elle seule. Ce bijou décuplait sa puissance – tant magique, que physique et moral. Comme si la magie des pierres s’encrait en Zajolah.
    Elle ne quitta pas sa broche de tout son traitement a l’hôpital ( soit plus d’un an) et continua a la porté tout en s’appropriant sa nouvelle condition.

    Depuis, Zajolah a bien grandit et cette broche ne la quittait jamais, la portant au quotidien et à ses concerts. Une force véritable. Une essence. Cela faisait partie d’elle et jamais elle ne s’en serait défait. Pour rien au monde. Elle devait la vie a ses parents, sa renaissance également et a cet amour magique, indestructible. Plus tard, alors brillante sorcière, Hamipa lui conta le procédé magique en lui-même plus la subtilité qu’elle avait développé avec son père mais ne détailla rien de cette magie pure ( pas de nom de l’inventeur, aucune spécification sur l’emplacement des pierres ni sur la pratique). Autrement dit, pour Zajolah, seul résultait l’amour de sa famille a son égard et du génie qui avait inventé cet art technique a temps.

    Beaucoup d’histoire, de vie et d’amour dans cette broche, n’est-ce pas ? Et c’est pourquoi, Zajolah réagissait ainsi devant Maximillen. Elle était restée longtemps muette, ne pouvant qu’être surprise et profondément reconnaissante. Tout d’abord car elle connaissait enfin alors a qui elle devait sa guérison et savoir qu’il s’agissait de Maximillen Kroëner, son exemple. C’était beaucoup d’émotions.


    - C’est notamment grâce à vous que je me trouve ici à cette heure. Je vous remercie, tellement. Merci.

    En disant cette phrase, le creux de ses paupières s’humidifièrent et Zajolah avait cherché les mains de Maximillen pour le serrer et lui donner une pression communicatrice et affective. Cet homme lui avait sauvé la vie.


    - Cette broche est un présent de mes parents et ses pouvoirs m’ont permis de survivre et me permettent de vivre, d’exister.

    Des larmes de joies coulaient maintenant le long de ses joues. Elle qui était un hymne a la vie, elle savourait se moment et souhaitait être reconnaissante à Maximillen. Elle ne savait comment le remercier. Grace à lui, elle vivait.

    - Je vous dois une explication pour le nombre de diamants de Damani. Treize exactement : quatre pierres symbolisant les quatre éléments, sept pierres symbolisant la gamme musicale : la musique et la magie élémentaire s’alliant aux sentiments ; ce qui donnent normalement un effet ambré et non plus doré comme a l’accoutumé. Enfin, deux pierres pour deux cœurs à l’unisson pour celle née de leur chaire un deux mai.

    Une explication claire, pleine de bon sens. Mais quelque chose clochait. La broche que tenait Maximillen dans ses mains ne comptait que douze pierres, et non treize comme venait de l’énoncer la musicienne miraculée.
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    Re: Un jour pas comme les autres

    Message  Maximillen Kroëner le Mar 2 Oct 2012 - 20:51

    - C’est notamment grâce à vous que je me trouve ici à cette heure. Je vous remercie, tellement. Merci.

    Zajolah confia à Maximillen un secret qui n'était encore jamais sorti de sa famille. Il était le seul à entendre cette histoire si forte en émotions... Zajolah était miraculée grâce aux recherches de Maximillen. Il était fier d'avoir permis de sauver d'une mort certaine la musicienne qui aujourd'hui s'avère être la personne la plus pure qu'il connaisse.
    La jeune sorcière avait les larmes aux yeux en racontant son passé et elle serrait les mains de Maximillen de plus en plus fort, montrant son affection et sa joie de connaître celui qui avait inventé son antidote. Tout en fixant ses yeux humides, Maximillen écoutait attentivement les paroles de sa collègue :


    - Cette broche est un présent de mes parents et ses pouvoirs m’ont permis de survivre et me permettent de vivre, d’exister.

    Seulement, dans cette belle histoire, il y avait eut un double délit et une lourde sentence allait tomber si quelqu'un d'extérieur apprenait qu'un sorcier pilla la grotte de Damani. En effet, ce qu'avaient fait les parents de Zajolah était avant tout une utilisation prohibée d'un sortilège sous une stricte surveillance, mais aussi un vol de treize pierres de Damani puisque l'accès à cette grotte ne pouvait se faire que par un accord spécial du ministère de la magie.
    Bien entendu, Zajolah savait à qui elle confiait ce secret et le professeur Kroëner n'entraînerait pas les parents de la jeune Aera au tribunal. Il aurait même été prêt à légaliser l'utilisation de son sortilège auprès du ministère en affirmant qu'il donnait droit à son usage sur cette broche. Seulement, le ministère découvrirait que des pierres avaient été volée et pour cela, Maximillen ne pouvait rien faire. Il valait mieux conserver ce secret pour l'instant, quitte à devenir complice de vol.
    De toute façon, le plus inquiétant à l'heure actuelle n'était ni le vol de pierres, ni l'utilisation interdite d'un sortilèges placé sous droits d'auteurs, mais c'était la dernière phrase que prononça Zajolah :


    - Je vous dois une explication pour le nombre de diamants de Damani. Treize exactement : quatre pierres symbolisant les quatre éléments, sept pierres symbolisant la gamme musicale : la musique et la magie élémentaire s’alliant aux sentiments ; ce qui donnent normalement un effet ambré et non plus doré comme a l’accoutumé. Enfin, deux pierres pour deux cœurs à l’unisson pour celle née de leur chaire un deux mai.

    * Treize pierre ? Je n'en compte que douze pourtant... Ah tiens, un emplacement semble avoir perdu son diamant !*

    Sans se demander si Zajolah savait qu'un diamant manquait sur sa broche, Maximillen amorça sa réponse après avoir écouté attentivement l'explication fort imprévue de sa collègue :

    - Depuis quand manque-t-il un diamant à ta broche ?

    Pour Maximillen, un bijou si fort en symbolique avait forcément accompagné la jeune Aera partout où elle allait depuis l'accident. C'est d'ailleurs ce qu'il pensait de tout artefact conçu à partir d'un diamant de Damani. Mais ce qu'il ignorait, c'est que Zajolah venait de retrouver sa broche ce matin même, envoyée en cadeau par ses parents avec la lettre qu'elle lut quelques minutes plus tôt. Pour le grand sorcier, l'hypothèse la plus logique fut que le diamant se soit détaché de la broche lors de sa précédente chute et qu'il pourrait s'être caché parmi les dizaines de feuilles qui jonchaient le sol. Mais d'autres hypothèses plus conséquentes auraient été la perte de la pierre des années plus tôt ou pire, il s'agissait peut-être d'un vol... Dans ce dernier cas, un sorcier mal intentionné en possession d'une telle pierre pourrait créer beaucoup de problèmes. Le professeur Kroëner ne s'imaginait pas encore quelles conséquences auraient des expérimentations malsaines sur une pierre de Damani comportant déjà une aura magique. Il attendait la réponse de sa petite miraculée avant de s'imaginer les pires scénarios imaginables.


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